mercredi 10 décembre 2008

La Genèse selon Saint-Moi


C'est au petit matin, isolé par les neiges enveloppantes qui mettaient en sourdine les bruits et les couleurs de la métropole, que mes doigts se mirent à galoper allègrement d'une touche à l'autre sur un clavier que je voudrais beaucoup plus hygiénique, afin de trouver un sens à mon existence dépourvue de substance. Par un hasard plus pur que l'eau des larmes d'un bébé naissant qu'on aurait filtrée à même les montagnes Rocheuses pour en faire de la Kokanee, au détour d'un paragraphe moribond et d'une virgule mal placée au milieu du mot "préfecture", mes doigts se déplacèrent soudainement à mon insu, de touches lettrées en barre d'espacement, et ce sans l'apport quotidien recommandé de mon cerveau, comme sur une table de Ouija en forme de clavier canadien-français.

Les phrases ainsi formées durant cette expérience ésotérique, qui dura une bonne trentaine de minutes, période durant laquelle j'étais en transe dans un état semi-comateux se rapprochant des orgasmes prolongés que nous pratiquions jadis, elle et moi, sans appeler ça nécessairement du tantrisme parce que Sting appelle ça comme ça et que Sting est creepy et que c'est très mauvais de penser à Sting pour conserver une érection vigoureuse pendant plusieurs heures. D'un autre côté, Sting est un excellent contraceptif. D'ailleurs, selon un récent sondage, mille enfants sur mille ne seraient pas nés à cause de Sting, une moyenne d'environ 100%. Ce qui n'est pas peu dire en matière de chanteurs blonds avec une face de joker dans la conjoncture actuelle et le prix du baril qui sévit dans le monde du pétrole énergétique d'aujourd'hui (demain après-midi).

Bref, toujours est-il que, les phrases ainsi formées durant cette expérience ésotérique, (le contenu de ces parenthèses sert à informer le lecteur qu'il est toujours sur le même blog mais qu'il a perdu 25 secondes de sa vie en lisant le paragraphe précédent dans l'espoir de lire la fin de la phrase répétée au début du paragraphe courant pour évoquer une certaine continuité malheureusement interrompue par des parenthèses envahissantes et, oserai-je même dire, saugrenues) n'avaient aucun sens. Je me demandai donc alors ce que l'univers essayait de me faire comprendre avec ces petites jérémiades incompréhensibles. Je dus me rendre à l'évidence. L'univers essayait de me fourrer afin de reprendre son dû. Mais, mal lui en prit, le bougre. Ce que l'univers ignorait, c'est que malgré les apparences trompeuses, j'avais déjà mon propre univers dans lequel je me complaisais déjà depuis toujours à l'insu de tout ce qui existe à l'extérieur de celui-ci.

Je pris donc mon courage à deux doigts, sorti de mon corps, fit mes exercices d'étirement recommandés avant un effort physique, puis j'abandonnai ceux-ci lorsque je m'aperçus de la futilité de ces exercices dans la mesure où j'étais déjà sorti de mon enveloppe corporelle, donc incapable d'effort physique. Pendant que j'en étais à ces réflexions, l'univers me regardait avec un grand point d'interrogation dans le front. Je profitai de ce moment de confusion pour le lui enfoncer dans le crâne. L'univers s'effondra lourdement dans un big bang. J'avais tué l'univers avec son propre signe de ponctuation. J'étais génial.

Quand je réintégrai mon corps, plus rien n'existait. Je devais repartir à zéro, tout créer par moi-même. C'est le défi que je me donnai.

La première chose que je créai, la femme.

Pour ce qui est du reste, je la laissai décider.

samedi 6 décembre 2008

À la recheche de Jim Corcoran


Un déserteur attend toujours ce qu'il déserte
A starving man always gets what he deserves
Un homme aimant heureux et ment
A guy named Mark lied and died

Un chemin dans lequel tu marchais jadis
A forking road in which you would wander
Un fucking cul-de-sac au bout de tes heures
A trail of darkness lost in a dead-end bliss

That guy was rude, an uncommon douchebag
Un brin de causette, maybe just a fag
Trying to know more, une esti de tapette
Talking no more, must be a faggot

Un cendrier dans les étoiles pour botcher ta toppe
Craven A' exportée du paquet à ta bouche
Tes paroles s'envolent en douces fumées salopes
Tes doigts jaunes me repoussent, m'étouffent et me touchent

Come here quickly before I fade away
A glass of clear water thrown on the burning oil
Despite all you might think I did
I did it for you but did it only once

Un rictus naïf à la commissure de tes lèvres anthracite
M'indique et me dicte toutes mes inconduites
À travers vallons purs et ondulations charnelles
J'érigerai un sourire passé le péché véniel

jeudi 27 novembre 2008

Megaman Douze


Janvier 20xx, mardi.

Quand se déroule cette histoire?
Dans le futur?
Dans le passé?

Personne ne le sait vraiment, il n'y a pas assez d'indices. Seulement deux ixes en lieu et place des dizaines et des unités. S'il y avait des robots, ça serait plus facile. Si les tours jumelles étaient toujours debout, ça le serait plus encore.

La haine est un mot bien faible pour exprimer ce que je ressens quand je pense à toi.

Des cicatrices?
Je peux t'en montrer par centaines.
Des adjectifs?
Aucun assez forts pour exprimer ma haine.
Du subjonctif?
Pas assez pour que je le puisse.
Des mots?
Pour te faire de la peine.
De la haine?
Plus qu'il n'en faut.

I heard you
I felt you
Fell for it
Lost it all
Free for all
Forget it

Si Rambo était mexicain, j'aimerais sentir ses mains
Sur mon cou de jeune fille et au creux de mes reins
Grand beau et fébrile, il lui serait si facile
De ses doigts longs et lisses, d'effleurer mon pubis

dimanche 23 novembre 2008

Hors Contexte Vol. 1


(…) Les chameaux épileptiques de mon enfance, projetés à l'aide d'acétates translucides sur le mur de mes espoirs, représentaient jadis ce qu'il y avait de plus pur au fond de moi, soit la fureur de vivre et le manger pour chats.

(…) Une fois l'onde de choc passée, Sabrina se ressaisit et appuya sur la gâchette emportant avec elle, sa vie et ses secrets.

(…) De petits fermiers rachitiques, de fort belle apparence et venus de nulle part, s'étaient réunis autour du grand tapis central phosphorescent. Ils joignirent leurs mains de fermiers en marmonnant Black Black Heart de David Usher pour aider à la récolte estivale de légumes synthétiques.

(…) Quand Jordy s'éveilla enfin, le spectacle désolant qui s'offrait devant ses yeux eut pour effet de stimuler ses glandes formidables qui produisirent alors un liquide âcre et adipeux qui pourrait bien contenir assez d'Oméga-3 pour sustenter tous les fanatiques religieux de l'Utah.

(…) – "Déguerpissons Giuseppe avant de s'éterniser dans de trop grandes discussions qui nous ralentiraient et pourraient compromettre notre fuite de fâcheuse façon. "
Federico ne croyait pas si bien dire. Avant même qu'il eût fini de lacer ses souliers après s'être épilé la zone pubienne de manière plus ou moins convaincante, la planète explosa.

Fin

(…) Gary, Gary, Gary…. Gary?

(…) Il l'empoigna par les cheveux et lui administra une dose mortelle de testostérone. Pendant ce temps, nos amis de la forêt ingurgitaient du liquide de joie.

(…) Dallot se retourna, hocha de la tête, se pencha vers son interlocuteur, balbutia quelque chose d'inaudible, trépigna sobrement, gambada dans son for intérieur, entonna l'Ôh Canada, tituba adroitement sur son tabouret, darda sa partenaire de gauche avec une paille, organisa une razzia pour sauver de l'impôt, pensa aux licornes, libéra quelques princesses, se remit en question et fit demi-tour revenant ainsi à son point de départ.

samedi 22 novembre 2008

Les matins de novembre

Les matins de novembre, seront bientôt terminés.
Ne me reste plus qu'à attendre, ceux du mois de mai.

À travers les cases de mon calendrier, I.G.A.
J'appréhende le mois de janvier, il fait froid.

À chaque nouvelle année, c'est la crise de nerfs.
Le mot le plus laid du dictionnaire, c'est le mot "décédé".

À chaque hiver je pense à toi, sans festivités.
Depuis que la mort t'a emporté, papa.

Mes pleurs ne te rameront pas, toi le père de ma sœur.
Papa j'essaierai de la protéger, moi le frère de son cœur.

J'aurais aimé toutes ces années papa, pouvoir te parler.
À jamais notre lien le plus fort, restera, l'hérédité.

samedi 1 novembre 2008

Post-Mortem


Cette nuit, au milieu de celle-ci pour être plus précis, je me suis réveillé. Je sentais que quelque chose n'allait pas. Après quelques secondes de réflexion, je réalisai que je ne respirais pas. Je portai ma main à ma poitrine. Mon cœur, il ne battait pas. Je peinai à prendre une dernière inspiration, me disant que les battements qui sautaient quelques temps m'annonçaient que le mien était venu. Pris de panique, je me jetai au sol pour me diriger je ne sais où. Je sentais un engourdissement grandissant dans mon cerveau, une légère euphorie, un avant-goût de la mort.

Pendant que je gisais sur le sol, face contre terre, je pensai aux gens qui allaient trouver ma dépouille. Peut-être serait-ce ma mère, ma sœur, peut-être mes voisins attirés par l'odeur de putréfaction. Je pensai au bordel qui régnait dans mon appartement. Puis, j'eus soudain une dernière volonté : JE DEVAIS ALLER EFFACER TOUTE LA PORN SUR MON ORDINATEUR. À ce moment, la mort me semblait bien peu importante comparée à la honte post-mortem qu'engendrerait ce répertoire de vulgarité et de luxure. Que diraient les gens? Mathieu c'était un bon gars, MAIS, il aimait les triples pénétrations anales et les nains s'adonnant au double-fisting. Faisant fi de savoir si mon cœur battait ou non, je me levai, forçant quelques respirations ici et là, puis bougeai la souris pour réveiller mon ordinateur. "Plus vite tabarnak" me disais-je.

Une véritable course contre la montre.
La mort contre la porn.
Qui gagnerait?
C'était épique.

Quand l'écran s'alluma enfin, ébloui par les rayons du tube cathodique, je cherchai à l'aveuglette le dossier contenant tous ces fichiers coquins qui pourraient ternir ma réputation d'homme prude et asexué. Je le trouvai enfin, sous l'appellation trompeuse "Glucides et Minéraux", je le sélectionnai, appuyai sur la touche SUPPR, cherchai la câlisse de corbeille parmi les icônes sur mon bureau, puis effectuai un vidage de corbeille héroïque. Je pouvais donc maintenant mourir en paix. Je portai une nouvelle fois ma main à ma poitrine, mon cœur, il battait, le sacrament.

"Merde, ma collection" pestai-je "Elle est foutue"

Je retournai me coucher en pensant à tout ce que je venais de perdre…

Ce matin, je ne me suis pas réveillé. Cette fois-ci, mon cœur avait décidé de s'arrêter sans me le faire savoir. Déçu, il ne voulait sûrement pas se voir confirmer une nouvelle fois que le sexe était plus important que lui.

jeudi 9 octobre 2008

RIP: La Bouteille Noire 2003-2008

C'est dans l'indifférence la plus totale que je mets la touche finale à cette tribune.


Mathieu.

mercredi 8 octobre 2008

La fin des haricots


Comme si je lançais des œufs magiques à la face du destin de façon condescendante en me disant que dans le fond, ce n'est pas si important que ça, l'existence. On se met le doigt dans l'œil. On se fourre. L'effet velcro est si puissant qu'il fait se cramponner ensemble les princesses et les crapauds dans une mascarade sans nom de hiboux et de madriers pour adultes.

Nancy : Ta yeule ch't'au téléphone!
Esprit vengeur : Odeurs précises quand tu nous tiens.

Les rubans adhèrent. Plus on écoute, plus on entend et ce n'est pas peu dire. L'enfance, ça n'existe pas. Voltaire sait porter ses violons. Terre.

Je me retourne lentement et, doucement, je trace un cercle invisible dans l'air avec mon index pour vous indiquer à quel point mon amour est bien réel. Les brillants dans vos yeux se propagent dans l'espace jadis occupé par vos silences et fusionnent dans la température ambiante avec le peu qu'il nous reste de merveilleux.

S'abandonner aux sensations, s'abonner aux 100 stations, savonnez veaux sans passion.

Hector, seul survivant monogame de la période de la grande noirceur et amateur de bridge, dans un élan introspectif d'une rare intensité, éjacula son passé comme on éjacule, oralement, un vocabulaire parfois trop parfait dans le but inavoué de tromper, par excès de contrition, ses alter ego que l'on considère, à tort, comme des subalternes sans envergure.

Parlant d'envergure, parlons-en de l'envergure, c'est quoi ça l'envergure? Non contente de créer des ambitieux, la société veut maintenant de nous, de l'envergure. Pourquoi pas du sébum, des urètres ou des tablatures en quantité adéquate?

Je réitère.

Les cerfs-volants coincés dans les peupliers d'un monde sans envergure pourraient espérer pouvoir voler de nouveau, un jour, au gré d'un souffle éolien providentiel, mais la société asthmatique stigmatise systématiquement notre inspiration collective pour générer du capital afin de vêtir richement tous ces vestons-moustaches aux lunettes rectangulaires qui nous regardent nous entretuer comme des bêtes de derrière leurs montures.

Les doigts qui s'agitent sur mon clavier tentent moins bien que mal de se connecter à l'abstrait qui régit ma vie afin que le fil conducteur devienne si mince qu'il s'efface complètement pour enfin laisser libre accès à l'imaginaire chaotique pur, sans drogues et sans saveurs artificielles. Atteindre enfin l'état de grâce des grands carencés, le nirvana de l'odeur de l'esprit adolescent.
La fin des haricots.


Je tague tout le monde et je les emmerde. Surtout toi. Oui toi avec le chandail mauve.

samedi 27 septembre 2008

Alexandre Hein? Quatre Strophes


Venu de nulle part surtout pas de Crabtree
Ce petit objet usuel se sépare
Il se pose sur ton visage et s'enfouit
Avec l'air marin au quai de tes pores

La marquise est triste de tout ce qui l'afflige
Lisse comme le givre au bord de la banquise
De sa rose langue elle effleure le clitoris
Des amantes à sa guise afin qu'elles sourissent

Douce hypocrisie que démontrent ces femmes
Qui restent stoïques bien qu'on sente qu'elles bavent
Au creux d'un billet éructé par Stéphane
Pour qui la tension sexuelle est palpable

John Diefenbaker et sa sœur sur une île
Se pavanent en riant au Moyen-Orient
Les paparazzis pressentant une idylle
Se rétractent et les traquent jusqu'à l'océan

lundi 22 septembre 2008

Les brus synthétiques de Patrick un tel


Derrière ce titre sans sens, se cache pourtant un texte qui a comme sujet les 5 sens soit : Le toucher, le sentir, le manger, le entend et la revoyure. Cependant, derrière ce préambule ridicule se cache en fait un mal de vivre, si intense, qui noue l'estomac si fort qu'il le tord et j'ai eu tort de penser qu'en changeant un des sens qui guide mes pas depuis toujours, je puisse changer l'essence de ma vie et faire le plein de décence.

Des nouveaux yeux qu'on nous demande d'alimenter aux larmes artificielles, alors que leurs socles respectifs résident au dessus d'une nappe phréatique si immense qu'elle rend automatiquement obsolète cette minuscule bouteille de carboxymethylcellullose sodique. Pour pleurer, il suffirait de regarder la facture puis le résultat et se contenter de faire partie des statistiques, mais la tristesse est si profonde et la blessure si grande, que le simple fait d'écrire et de décrire de simples faits, active les pompes des glandes lacrymales qu'on ne m'a pas charcutées, camouflant ainsi mon regard d'un grand voile d'eau salée.

La perte d'une vision claire brouille mon esprit, rétrécit mes horizons et me fait me replier encore plus sur moi-maîgneeuh.

Je suis un hypersensible qui ne connait aucun moyen de s'exprimer convenablement. Je suis coincé de toutes parts. Un blocage mécanique qui me soustrait à la société. Une constipation émotionnelle qui me pèse lourd. J'en ai gros. Ouvrez.

En ce sens, ne me reste plus qu'à sombrer lentement dans la démence afin qu'on m'encense.


Danse Patrick, Danse!

samedi 20 septembre 2008

Bitumes et motifs


D'ambulances et de muses si joviales et mains sûres
Trépassées par mourance d'ironies trafiquées
Brillants au passage ingénu de l'eau pure
Sur les ruisseaux d'argent de tes yeux maquillés

vendredi 19 septembre 2008

Les yeux du coeur


Il y a trois semaines de cela, je cessais de me masturber et prenais la décision de me faire opérer les oeils au niveau de la myopie laser en chirurgie médicale. Et c'est à la demande générale de personne en particulier et de tout le monde qui s'en câlisse que je vais vous faire un résumé de mon expérience avec les rayons de la mort dans les yeux.
Transportons-nous, par la magie de l'internet, 5 minutes avant l'opération:

La fille dans le bureau me tendait un minuscule comprimé d'Attivant en me disant que c'était mon choix de le prendre ou non. Je me sentais comme Neo devant Morpheus dans La Matrice face à un tel dilemme. Comme je ne suis pas du genre à refuser de la drogue quand on m'en offre gratuitement, je me suis gâté. On me fait ensuite asseoir devant la porte de la salle d'opération, devant les autres patients qui passeront sous le bistouri laser après moi. On me fait des sourires de compassion, comme si j'allais à l'abattoir. La porte s'ouvre finalement, c'est mon chirurgien qui m'appelle, je pénètre.

Il me sert la main et me demande de m'asseoir. C'est un beau grand jeune homme aux cheveux noirs, je tombe en amour avec lui, mais pas trop. Il me rassure en me disant que pour lui cette opération c'était une vraie joke, qu'il pourrait la faire les yeux fermés s'il voulait. Je lui suggère quand même qu'ils les gardent ouverts. On rit d'un rire fake bien ressenti. Il m'informe qu'à cause de la minceur de ma cornée et de l'énormité de mes pupilles, il n'a pas le choix d'utiliser le procédé KPR, celui qui fait mal, celui qui prend un temps fou à guérir, celui qui te laisse en bonne partie aveugle pour au moins une semaine, bref, la totale. Il faut ce qu'il faut et advienne que pourra me dis-je alors avec le ton d'un mauvais narrateur.

Je me couche finalement sur la table d'opération, il y a un prisme triangulaire sur la table pour mettre mes dessous de genoux dessus. C'est vraiment confortable. Je demande si je peux me coucher en cuillère, on me refuse ce privilège le regard confus. On me met la tête dans un étau, on me met des gouttes dans les yeux, on me met un bidule dans l'œil puis on le tape pour que je ne puisse pas cligner des paupières. Le procédé KPR consiste à râper la couche protectrice de la cornée, appelée l'épithélium pour ensuite corriger la forme de la cornée au laser. On ne coupe rien contrairement au traitement Lasik standard. On me fout un truck de gouttes anesthésiantes dans l'œil droit puis le chirurgien me râpe l'oeil avec une brosse à dents pour les yeux, tout devient flou. La sensation de la brosse sur l'œil est comparable à celle de mourir au ralenti dans une déflagration, sauf qu'on reste vivant et que c'est totalement différent. Après avoir bien râpé l'œil, il active sa machine du futur qui fait un bruit de fer à souder puis il me dit de fixer la lumière rouge qui flashe. Ça sent l'oeil brûlé. 30 secondes plus tard, c'est terminé. On répète la même procédure pour l'oeil gauche, je lui dis que c'est plus sensible quand il me râpe l'œil. Il me dit que ça arrive souvent qu'on lui dise ça. Je me sens normal. Je suis content. C'est terminé, je suis renvoyé chez moi avant que les yeux dégèlent et que les autres clients me voient dans d'atroces souffrances. Ça serait pas bon pour la business.

La semaine qui suit est beaucoup plus pénible que l'opération elle-même. Tu dors tout le temps parce que ça fait mal quand tu ouvres les yeux et que toi, les yeux fermés, ça t'endort. Tu ne peux pas faire 98% de tes activités habituelles, car elles nécessitent une acuité visuelle certaine, alors tu dors. Tu déprimes, car les 4 premiers jours ta vision est de plus en plus floue, ce n'était pas indiqué dans la brochure, tu paniques, tu te dis que tu vas rester aveugle. Puis finalement, tu commences à voir mieux, mais pas assez pour lire des petits caractères sur un écran d'ordinateur, ça te frustre.

Présentement, après 8 jours, je dirais que ma vision est à 75%, je n'ai aucune idée si c'est normal ou non, mais ça s'améliore tous les jours, mais tellement lentement, je ne crois pas être prêt pour retourner au boulot lundi, mais j'ai des beaux yeux et c'est ça qui est important... non?


Choses que je vois (que je ne voyais pas avant)

- Mon pénis dans la douche
- Mon pénis dans ta bouche
- Ta face quand tu jouis

Choses que je ne vois toujours pas

- Le rapport
- Ce que tu veux dire par là
- Où tu veux en venir exactement

Comme quoi la technologie a ses limites.

jeudi 18 septembre 2008

Le Chêne


Derrière chez moi y avait un chêne
Un chêne bien esseulé                                        (Bis)

Et derrière ce chêne y avait un grand pré
Et le cœur de ma belle qui m'y attendait

Dans sa maisonée
ma luron, ma lurette
Dans sa maisonée
Ma luron, lurée                                                   (Bis)

Sous le chêne parmi ses feuilles
Y avait un grand terrier                                        (Bis)

Au fond du terrier y avait un grand collier
Qu'au cou de ma belle j'irai accrocher

Dans sa maisonée
ma luron, ma lurette
Dans sa maisonée
Ma luron, lurée                                                    (Bis)

Un beau matin je m'y suis levé
Pour quérir le collier                                            (Bis)

Mais dans le terrier y avait un escalier
Et la fiole je me suis cassée
Les deux yeux crevés au bord du collier
Et mon cœur qui devait s'arrêter
Sous le chêne l'autre côté du pré
Pendant que ma belle m'attendait

Dans sa maisonée
ma luron, ma lurette
Dans sa maisonée
Ma luron, lurée                                                       (Bis)

Derrière chez moi au mois de mai
Le chêne on l'a brûlé                                               (Bis)

Aujourd'hui ma belle est bien esseulée
Et autour de son cou il y a un grand collier

Dans sa maisonée
ma luron, ma lurette
Dans sa maisonée
Ma luron, lurée                                                         (Bis)

Derrière chez moi il n'y a plus qu'un saule
Qu'on ne peut plus consoler                                      (Bis)

mercredi 10 septembre 2008

Les humelles d'un ex-puceur


Tits à venir – Obscène 3

Scène III: dix-sept heures douze. Bar miteux. Des mouches. Une odeur indistincte d'aqua-velva. Un homme avec des vêtements et des verres de contact cajole de sa main droite le fond de son verre de Jack Daniel. Devant lui, une jeune femme d'environ plusieurs années discute avec un autre client en lui jetant quelques regards furtifs de temps à autre. Il interpelle la barmaid.

Dallot: Je te regardais avec un air de comme si de rien n'était et j'ai remarqué que tu avais un tattoo dans le bas du dos

Gwinatoline: Ouais et puis? What about it?

Dallot sentait qu'il avait dit une connerie et se gratta la tête nerveusement à la manière d'un chien schnauzer.

Dallot: Euh, je voulais voir de plus prêt, car d'où je suis, je ne sais pas s'il s'agit d'un animal aquatique ou d'un signe japonais

Gwinatalone: C'est un signe japonais

Dallot: Ah et qu'est-ce qu'il signifie?

Gwinatalice: Ça signifie "Je suis une salope"

Dallot retint un fou rire puis se ressaisit

Dallot: … Et… tu savais la signification au moment tu te l'ai fait tatouer?

Gwin-lune: Ah non, le gars m'a dit que ça voulait dire "Poussières d'étoiles" alors j'ai fait "AW c'est cute… c'est ça que je veux"

Dallot: Haha

Gwalanie: Jusqu'au jour où un client japonais me dise ce que ça voulait vraiment dire. J'ai eu tellement honte, je voulais mourir.

Dallot: T'as pensé à le faire enlever?

Gwanatoche: Au début oui, mais j'ai réalisé que je me foutais carrément de ce que les Japonais pensaient de moi. Puis en plus, le kanji il est cool. Quand je colle mes omoplates ensemble, on dirait la tour Eiffel ou le visage de Jésus à l'envers.

Gwantasha poussa la ceinture de son jean légèrement vers le bas pour montrer l'intégralité de son kanji qui descendait sous sa taille. Dallot aperçut un bout de tissu qui le fit rêver. Ils échangèrent numéros de téléphone et autres politesses. La tension sexuelle n'aura de déroulement que 153 scènes plus tard afin de garder l'auditoire en haleine.


En réponse à la TAGUE de Nayrus.

Sans rancunes ;-)

dimanche 7 septembre 2008

Elle riait

Son corps inerte, étendu sur le sol dans une position peu avantageuse, ne laissait entrevoir qu'un léger rictus, à jamais figé sur son visage.
Elle riait.
Son crâne fracassé sur le tronc d'un arbre n'avait en rien altéré sa beauté mystérieuse.
Elle était belle.
Le vent de la forêt faisait voler sa robe blanche, déchirée par le temps, en un mouvement lascif et régulier.
Elle dansait.

On peut ne pas s'aimer et créer une chose que l'on aime™

Elle riait. Rien pour altérer l'angle de mon sourcil triste, ni pour raviver la sombre lueur de mon œil flou. Son rire résonnait dans ma tête comme l'écho infini de points d'exclamation sur le flanc d'une page blanche. Le souvenir de sa chaleur transformait les engelures de mon cœur en incandescentes flaques d'amour. Sur l'une de ses dents, une petite partie plus blanche que les autres venait justifier tout l'émail qu'elle s'était donné. Et pourtant, tel un calendrin visipore, son visage disparaissait lentement de ma mémoire en même temps que son rire, remplacé lentement par un autre visage, celui de la peur, le mien.

La vie est ainsi faite: La charcuterie, les meubles IKEA, l'osmose et l'homéopathie.

Les paragraphes se suivent, mais ne se ressemblent pas et les feuilles mortes du passé, s'agitent, sèchent et pleurent. Tout le cisaillement de mon cœur isolé, ciselé, ne saurait empêcher la somme de toutes ses parties, éparpillées à tous les vents, de se rapprocher pour battre rapidement, une dernière fois, tendrement, avant de s'éteindre lentement. Tout ce qui monte doit redescendre, mais qu'en est-il de tout ce qui descend? Ces lueurs d'espoir anonymes et ces nymphes nommées ne pouvaient effacer toute une vie de mépris.
Et pendant tout ce temps, ma muse m'amusait.
Elle riait.

Les cerceaux de feu, au niveau des yeux, qu'on voudrait plus bleus, s'ouvrent peu à peu.

lundi 1 septembre 2008

Enum


L'énumération spontanée de trucs abstraits séparés par des virgules m'a toujours fasciné, mais je n'ai jamais pensé consulter un professionnel à ce sujet. Que ce soit une lubie, une névrose obsessionnelle ou les trois à la fois, la joie intense que chacune d'elles me procure est similaire à la joie que pourrait ressentir un percepteur d'impôts dans une galerie d'art devant une toile illustrant les fresques historiques de Louis Riel, sa femme Mathée et leurs enfants agonisants sous un ciel mauve du mois de mai, sous forme de Sudoku niveau intermédiaire et d'aquarelle.

Alors tous ensemble, énumérons…

L'épidural champêtre de Jean-Simon, les petits cylindres mous, les tibias de Jonas, le 3ème dalmatien, les Thermos en tout genre, la douleur de vivre de Timothée, les leçons de piano improvisées, le but de l'exercice, les triangles scalènes, la mauvaise haleine, Alerte au scorbut à Malibu, le poil sous toutes ses formes, l'indice du bonheur espagnol, les pantomimes géants, le Maroc dans le futur, le taux de natalité en cm³, le thé vert de Chine de Lasalle, un gant de crin sur une graine de velours, l'apothéose en skateboard en français, Pac-Man comme personnage biblique, Au pays de Gandhi, Martine à la plage, un truck de bijoux en forme de camions, une embolie poule mammaire, une fusion de signes de ponctuation, l'élite du peuple aquatique, le sent-bon qui sent bon, Stanley Clark à la basse, Tintin aux bongos, du tap-dance dans ta face, Zamphir sur DVD Disney, un samedi après-midi bien étrange, les pulsions cardiaques allemandes, un concours de trempage de gosses, 6 milliards de testicules, 6 milliards ça fait beaucoup, la rançon de la poire, le petit Jimmy en apesanteur sous un viaduc, une pinte de lait en 1982, les cravates qui cachent la touffe, Bernard Derome dans un accident de cunnilingus, Les Backstreet Boys en chaloupe, le temps des Kathy drabes, chanvre en ville, les néons épileptiques sous-cutanés, Phil Collins assis sur le soleil, des légumineuses insécures, Alain Souchon sans le sou, les buses soporifiques de mes mamelons, la raie cardiaque, les croûtes olfactives de Jim Corcoran.