mercredi 30 décembre 2009

Quand je mourrai de vos amours


Quand je mourrai de vos amours
De sa bottine je sortirai
Votre pied frêle encore taché
D'encre de sang sur sa coquille
Une fleur qui pousse sur sa cheville

Ne manque plus de vous demoiselle
Qu'une étincelle

Quand je mourrai de vos amours
J'embrasserai femmes et enfants
Laissant en guise de testament
Un cri un seul qui vous déleste
Les larmes des yeux qui me détestent

À crier toute une vie entière
Que l'on me serre

Quand je mourrai de vos amours
J'aurai vu tous les océans
Les eaux salées, l'île d'Orléans
J'aurai lancé tant de bouteilles
À la mer jusqu'à vos oreilles

Crier si fort des choses tendres
Qu'on les entende

Quand je mourrai de vos amours
Je vous remettrai ce manuscrit
Un grand grimoire contant ma vie
En prose qui cache la vérité
En mots qui masquent l'immensité

Couvrir les pages de phrases trop longues
Qu'elles se confondent

Quand je mourrai de vos amours
Mon cœur encore battra pour vous
Des battements secs pourtant si doux
Des percussions à l'unisson
Des doigts de dame sous vos jupons

Et plus de sang coule dans mes veines
Qu'elles en contiennent

Quand je mourrai de vos amours
Au fond du bar j'irai pleurer
Aux sus des autres me raviver
Au fond du verre point de salut
Une mort plus lente que la tortue

Un ami laisse au fond du bar
Qu'une métaphore

Quand je mourrai de vos amours
Je replongerai au fond des yeux
Bleus qui furent jadis ceux
Qui réchauffaient mes envies chastes
Mais qui gelaient sous la surface

Autant de froid dans vos regards
Où je m'égare

Quand je mourrai de vos amours
J'additionnerai toutes les secondes
Où j'ai aimé d'amours profondes
Ces gens qui blessent sans amertume
Et de ces minutes sur le bitume

Un cœur qui attend son heure
Pour qu'il en meure

Quand je mourrai de vos amours
De tristesse je vous inventerai
Des chansons que vous chanterez
À vos amours à vos amants
Avant de vous brosser les dents

Une folie douce parfois si forte
Qu'elle m'emporte

Quand je mourrai de vos amours
J'irai cueillir au mois de mai
Au moment du point de rosée
Un trèfle et une douzaine de roses
Pour que la douleur se transpose

Souffler si fort sur les averses
Qu'elles disparaissent

Quand je mourrai de tes amours
Je te réciterai ce poème
D'une voix tendre pour que tu m'aimes
Pour que demain tu me rappelles
Portant d'été robe si belle

Robe tissée de tant de fleurs
Qu'elle nous en pleure

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