Digérer Gerry
Encore une nuit blanche
Worse Before July Fifteenth
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Ces séchoirs que le président des Métamucil d'Armorique, Betterave Au-bas-mot, prononçait le traditionnel discours sur l'État de l'Oignon. On pouvait apercevoir en arrière plan du charismatique chef d'État, un homme aux cheveux blancs qui hochait la tête au rythme entraînant des battements de son cœur (des battements de son cœur, yeah!) ainsi qu'une femme dans la force de l'âge qui semblait ne pas être totalement à l'aise avec les effluves corporels qu'elle eût pu dégager en haute définition à la droite de votre écran.
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Étiquettes : conjonctivite, gruau
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J'pensais à ça en me crossant sur du Our Lady Peace… des dauphins là, y en a pas TELLEMENT à Montréal.
J'pensais à ça en photoshoppant des freeze-frames de Robert-Guy Scully avec le filtre emboss… Robert de Niro là, il joue pas vraiment dans le film Parenthood.
J'pensais à ça en glorifiant la guerre en Afghanistan… le lundi là, je me suis toujours demandé si c'était avant OU après le jeudi.
J'pensais à ça en respirant fort fort… la religion catholique là, c'est pas trop populaire à l'EXTÉRIEUR de la terre.
J'pensais à ça en marchant vite vite vite… c'est pas parce qu'on écrit le même mot trois fois de suite qu'il devient plus vrai.
J'pensais à ça en suçant mon pouce devant des ethnies… les licornes là, ça existe pas beaucoup récemment.
J'pensais à ça en invitant tous mes amis facebook à se suicider… Pat Jablonski là, il devait aimer ça dire son nom en enlevant sa coquille protectrice.
J'pensais à ça en me félicitant pour mon beau programme… le Patrimoine Canadien là, c'est quand même LE meilleur patrimoine qu'on a au Canada.
J'pensais à ça en m'incisant DANS le Père-Noël… les ninjas là, je sais pas s'ils ont leurs maths 536.
J'pensais à ça en jouant de la flûte de pan avec Ken Wregett… ça se peux-tu avoir une névrose obsessionnelle sur les goalers de but de hockey?
J'pensais à ça en traversant le Canada à la nage samedi… les enfants là, C'EST vraiment vraiment méchant, Paul Piché.
J'pensais à ça en décrivant la course de Terry Fox… y a plus vraiment personne qui dit ça "Utilise donc le système D", surtout pas au New Hampshire.
J'pensais à ça en égrainant les secondes… Bouscotte là, c'est quand même un personnage qui a frappé mon imaginaire, n'en déplaise à mon imaginaire.
J'pensais à ça en récoltant une passe sur le but de la vie… les émulsions faciales là, ça doit être la seule chose AU MONDE qui émulse DANS la face.
J'pensais à ça en en mordillant mes propres mamelons… il serait peut-être le temps que je commence à m'entraîner.
J'pensais à ça en doublant Steve Guttenberg dans la version française de Cocoon 2… LE baril de pétrole là, yé où exactement?
J'pensais à ça en googlant Tiger Woods sur bing… les olympiques spéciaux là, la seule chose qu'ils ont de spécial, c'est que c'est des mongols qui jouent au basketball.
J'pensais à ça en perdant du poids en jouant à WoW… le grand amour là, il se promène pas tant que ça aux alentours, Michel Rivard. (Va chier)
J'pensais à ça en perdant du poil de la bête… le web 2.0, ça n'existe pas vraiment plus que les perruches 2.0 quand on y pense.
J'pensais à ça en déchirant le ciel avec un avion… René Simard là, c'est pas vraiment LA meilleure personne au monde.
J'pensais à ça en regardant un ours BIEN léché… la margarine là, c'est pas vraiment UN groupe alimentaire.
J'pensais à ça en tricotant mon nom avec du fil de fer sur le poitrail de Jean-Marie de Koninck… les Expos là, ils doivent s'en câlisser EN ESTI d'Annie Villeneuve SURTOUT depuis qu'ils n'existent plus.
J'pensais à ça en écrasant un goomba brun, les suppositoires là, c'est À PEU PRÈS la seule chose qu'on se met dans le cul, SUPPOSÉMENT.
J'pensais à ça en m'exprimant sur un médium mort… la bouteille noire là, c'est vraiment pourri comme nom de quelque chose, même pour un film avec Rob Schneider.
J'pensais à ça en redondant… la redondance là, c'est redondant.
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L'Incroyable vient tout juste de se produire. D'où vient-il? Qui donc le produit? Peut-on croire en lui? Personne ne l'a jamais su. Tout ce que je sais en ce dimanche matin, c'est qu'il vient de se produire. De chaque pan de sa figure légendaire, se cache un différent tranchant : un qui blesse et qui transperce et un qui réchauffe et qui caresse. L'Incroyable s'empare de tout et en fait ce qu'il veut. Il érudit comme il abrutit. Il se fait désirer comme la mort à ses heures, comme l'amour à 16 ans et comme la cloche à 16h00. Faisant abstraction des journées, il me transporte souvent d'une nuit à l'autre dans le fourgon blindé de sa carcasse argentée.
Lorsque l'Incroyable se produit, je l'écoute religieusement, comme un moine atypique, je fais fi de ma calvitie et le suis en silence. Je m'accroche à la peau de son dos et lorsque je perds mon appui et tombe à la renverse sur le mien, je me relève et me dépoussière lentement, retirant délicatement une à une les toiles arachnéennes qui recouvrent mon visage et retiennent les gouttes de larmes que le soleil ferait briller s'il existait pour vrai. L'Incroyable maintenant disparu, je le piste en suivant le chemin tracé par les écailles phosphorescentes qu'il laisse derrière, pour que je puisse le retrouver même dans mes noirs les plus foncés.
Généralement, l'Incroyable est beau et fier. Il inspire et transpire le merveilleux du haut de ses aisselles enchanteresses. Cependant, parfois mais rarement, il est laid et méchant et balance les enfants au fond du volcan. Il assassine le feu dans les yeux à l'aide de ses boyaux à eau qu'il trimballe lourdement sur ses épaules. Il les fait gicler quand on le frôle de trop près pour éteindre tout brasier potentiellement destructeur.
L'Incroyable se produisant, niant par le fait même sa propre existence, passe en coup de vent sur la vie ne laissant derrière qu'un léger frisson que je conserve malgré tout dans le rose de mes poumons. Je continue à croire en lui, à l'espérer, même si c'est impossible, même si c'était possible, même s'il sera pour toujours, une source infinie de Déceptions.
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Si j'étais Jim Corcoran, pour un soir seulement, je poserais ma langue sur ton corps qu'on rend
Je ferais miroiter sur mon crâne trop lisse, un amour trop lourd, une âme trop triste
Je majusculerais jusqu'à tes deux poings le grand trait d'union du tréma quotidien
Je naviguerais la peau de tes cuisses et m'aboutirais aux cieux de mes vices
Si j'étais Jim Corcoran, mes cheveux de ficelles, chatouilleraient tes seins, durant ton sommeil
Je te chuchoterais dans le noir invisible, le son de voyelles aux accents impossibles
Je ferais irruption dans ton volcan latent, en fumée qui s'envole quand l'attend l'éruption
Je deviendrais le Jim qui musclerait tes abdos, toi le Bertrand Gosselin de ma libido
Si j'étais Jim Corcoran, tu en voudrais encore, paradoxalement, tu m'en voudrais encore
Qui voudrait désormais du vieux bouc de Sherbrooke
qui étale en français, d'une plume agile
sur de la musique, des formules magiques?
Si j'étais Jim Corcoran, je serais ton Coran, je serrais ton corps et j'essaierais encore
Si j'étais Jim Corcoran, d'un souffle je ferais les bougies tomber, du crémage de l'âge du gâteau de ma vie, pour te rejoindre à la fin, au fin fond du moule, qui fait les amours, les amours brûler.
Si j'étais Jim Corcoran, je serais le roux qui ferait ton amour tourner, sur des chapeaux de vers de toutes les couleurs.
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J'ai une bouteille qui ne veut pas mourir
-Renelle Martée
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Je ne suis pas ce chanteur luisant que tu aimais tant et dont la pochette de disque rappelait vaguement un accident de truck. Je ne suis pas cet acrobate russe qui te faisait fondre le gras de cuisse le jeudi avant-midi. Je ne suis pas ce type louche qui te regardait du coin de l'oeil pendant que tu pètais les points noirs de ton chum dans l'allée des couvercles de toilette chez Home Depot. Je ne suis pas Mario St-Amant même si je le voulais. Je ne suis pas l'ombre de ton ongle. Je ne suis pas une fable moralisatrice qui te dit que tu aurais mieux fait de ne pas tuer tes propres enfants. Je ne suis pas ton frère ni ta soeur. Je ne suis pas le gars mort au bout d'une corde la semaine passée dans ton sous-sol. Je ne suis pas le fruit de ton imagination débordante. Je ne suis pas l'être asexué dont tout le monde parle en silence. Je ne suis pas cet homme gigantesque avec un grand chapeau qui te prend par la main pour t'amener danser le vendredi soir. Je ne suis pas celui qui fera de ta vie un enfer. Je ne suis pas celui qui te complimente à propos de tes jambes malgré tes vergetures tridimensionnelles. Je ne suis pas digne de te recevoir. Je ne suis pas celui que tu croises. Je ne suis pas de régime à base de fruits défendus.
Je ne suis pas un animal domestique.
Je ne suis pas un ami mâle fantastique.
Je ne suis pas celui qui fait tes yeux briller.
Je ne suis pas celui qui fait tes œufs brouillés.
Je ne suis pas ce que tu penses que je pourrais être peut-être. Je ne suis pas l'auteur de ce texte.
Je ne suis rien de tout ça et pourtant si.
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