dimanche 15 juillet 2007

BULLES ÉPHÉMÈRES


Voici le récit véridique et vrai de la véritable histoire de ma rencontre factuelle et fortuite avec une amie de mon ex-blonde. (À ne pas confondre avec mon ex-blonde fictive)

Alors que je déambulais allègrement en gambadant, longeant la rue St-Denis pour je ne sais quel motif superflu, j'aperçu sur mon chemin une amie de mon ex. Il s'agissait de Mélanie T. (appelons là Julie pour les besoins de ce post) qui descendait seule et à vive allure une pente assez abrupte en prenant bien soin d'éviter les lignes antipathiques du trottoir.

Rendu à mon niveau, elle ralentit sa cadence et me jeta un regard scrutateur avec un sourcil relevé, regard qui voulait dire : "Me semble que sa face, son allure négligée et son corps chétif mais néanmoins svelte et compact me dit quelque chose mais comme je ne peux pas trouver de qui il s'agit en 2 secondes, je vais poursuivre mon chemin comme si de rien n'était"

À sa défense, il est vrai que j'avais bien changé depuis la dernière fois que nous nous étions vu. À cette époque, je portais encore sûrement la barbe et les cheveux longs ce qui me donnait les allures d'un acteur malpropre et moyennement médiocre des années 70(name-dropping welcomed). Mais ce jour-là, avec mes cheveux tondus et ma barbe d'à peine quelques jours, il est vrai que j'étais méconnaissable pour une "connaissance" qu'on a vu que quelques fois dans sa vie dont la dernière remonte à 2 ans alors que j'étais encore avec celle que je considère aujourd'hui comme l'antéchrist.

Toujours est-il que MOI, je l'avais reconnu, donc je me retournai après qu'elle eût passé son chemin et lui cria "Hey Julie!". Elle s'arrêta alors et fit demi-tour.

"Salut Julie, ça va? Long time no see?" Lui dis-je timidement

"Hey salut, oui ça va" répondit-elle ne se rappelant visiblement pas de mon prénom

"Tu ne te rappelles pas de mon nom hein?" demandai-je avec le sourire en coin

"Je sais que tu es l'ex de CENSURÉ. Attends c'est Ma... Maxi... Mart... Mathieu c'est ça?"

- "Oui c'est ça, 2 morceaux de robots pour toi"

- "Haha"

- "Bon on se fait la bise?" Lui dis-je d'un ton moqueur

Sans hésiter, elle m'enlaça et me fit un câlin sans pudeur. Je suis resté surpris car il faut vous imaginer qu'il s'agissait d'une personne à qui l'on a adressé la parole que 2 ou 3 fois et que l'une de ces fois c'était pour dire "Tu me passerais-tu le sel SVP?". Il est aussi vrai que depuis la fin de ma relation avec Satan, je m’étais refermé sur moi-même et n'étais plus habitué à ces contacts corporels chaleureux. Une sorte de réaction chimique entremêlée d'une douce tension sexuelle eût lieu en l'espace d'une seconde, le genre de sensation enivrante qui vous donne l'envie de continuer de vous lever chaque matin ou même l'après-midi.

"Vas-y! Gâtes-toi la grande" dis-je pour simuler le fait que j'étais à l'aise avec cette étreinte. "Je suis célibataire maintenant tu sais alors tu peux descendre tes mains plus bas et caresser les courbes lascives de mon portefeuille"

- "Ouais justement, c'est ça qui m'attire les portefeuilles chez les hommes anyway" dit-elle en riant nerveusement et en cherchant mes fesses du regard

En dérision, je lui présentai alors mon postérieur munit d'une paire de jeans Guess et d'un épais portefeuille bourré de carte d'affaires dont je n'aurai sans doute jamais besoin. "Tu peux les essayer (mes fesses) avant d'acheter, mais fais attention c'est de la marchandise de seconde main"

Après que je me sois retourné pour lui faire face, elle s'exécuta sur le champ, palpant ma fesse gauche et mon combo "fesse droite-portefeuille" délicatement en me tirant vers elle.

Ce qui au départ n'était qu'une blague se transformait rapidement en malaise agréable, une presqu'inconnue palpait mon cul en pleine rue St-Denis... Je restai silencieux.

Elle déplaça alors sa main droite vers mon entrejambe depuis l'arrière et effleura la résidence de monsieur testicule... OMG on se serait crû dans une annonce de Tag ou Axe ou autre cochonnerie d'herbes à chats pour femmes.

Comme le tout était devenu si surréaliste, je décidai alors d'entrer dans le jeu, je la pris par les hanches, mes pouces reposant doucement sur la peau découverte de son bas ventre et déposa mes lèvres sur les siennes. Alors là c'était comme si mon âme sortait de mon corps pour devenir une caméra qui tournait tout autour de nous, observant la scène à la manière d'un film d'amour quétaine avec Molly Ringwald et Steve Guttenberg.

Les yeux fermés, j'entendais les passants penser tout haut "Get a room damnit" et dans un sens je comprenais leur réaction. Mais c'était comme si le temps était arrêté, mes mains remontèrent sous sa camisole blanche jusqu'a sa poitrine et le simple baiser se métamorphosa en violent "french" où la salive profitait vraisemblablement d'un nouvel accord non verbal de libre-échange. J'entendais son cellulaire qui sonnait.

"Il faut vraiment que j'y aille... Mathieu" dit-elle en reprenant son souffle et son sac à main qu'elle avait déposé sur le trottoir.

Elle me jeta un dernier regard puis un petit sourire complice et reprit sa course folle.

Comme un camionneur qui venait de renverser un petit garçon sur son vélo, j'étais en choc nerveux et tremblais me demandant ce qui venait de se passer. Je restai immobile pendant une minute, fixant le sud.

...

Il y a déjà 3 semaines de cela et je me demande encore aujourd'hui. Ces trucs-là n’arrivent jamais, surtout pas à moi. Ai-je rêvé ce moment? Ai-je passé quelques secondes dans le Twilight Zone? Pourtant j'ai un beau ticket de parking qui me prouve que j'étais bel et bien sur la rue St-Denis cet après-midi-là et j'ai l'odeur de son parfum qui ne me quitte pas.

Reste à étudier la théorie voulant que je possède des pouvoirs de persuasion télépathique qui envoûtent les gens et les obligent à réaliser les fantasmes de mon subconscient.

Bulles éphémères
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4 commentaires:

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